
À partir de quelle tasse le Matcha devient-il un « performative art » ?
Dès le matin, avant même que quelqu’un n’ouvre un sachet de thé, il y a déjà quelque part une tasse de matcha fraîchement fouettée. L’après-midi, les pâtisseries, à Tokyo, Osaka ou Kyoto, proposent leurs « éditions limitées au matcha ». Et le soir, les frigos des konbini alignent matcha latte, glace au matcha, financiers au matcha, et même bière au matcha, tous parfaitement rangés comme pour vous souffler : « Allez, un de plus ne ferait pas de mal… »
Alors forcément, une question finit toujours par tomber :
Combien de tasses de matcha faut-il avant de devenir… un peu délicat et performatif ?
Ça sonne comme une blague de Gen Z, mais ça raconte aussi quelque chose du rôle du matcha dans nos vies. Que l’on soit à Uji, à New York ou à Melbourne, le matcha porte toujours cette douceur tranquille, presque apaisante.

À la troisième tasse, on parle plus doucement. À la cinquième, nos phrases glissent avec un petit rythme. À la septième, on marche plus légèrement. Les amis rigolent : « Le matcha, ce n’est pas du thé, c’est un soin pour l’âme. Tu le bois, et hop, tu deviens flou artistique. »
Et ce qui est encore plus drôle, c’est cette façon qu’ont les gens d’avoir l’air incroyablement stylés en buvant du matcha. Dans n’importe quelle ville, les cafés branchés de Tokyo, les curieux d’Osaka, ou les promeneurs de Kyoto, on dirait qu’ils jouent une mini cérémonie du thé à chaque gorgée. C’est ça, le charme du matcha : il ne fait pas tourner la tête, mais il vous rend plus calme, plus doux, presque étrangement gracieux.
Revenons donc à la fameuse question :
Combien de tasses par jour pour devenir vraiment « tout doux » ?
Si vous goûtiez à toutes les boissons au matcha vendues au Japon du matin au soir, vous pourriez facilement en boire une dizaine. Et là, vous ne seriez pas seulement adouci, vous seriez presque devenu du matcha. Une petite lueur verte dans les cheveux, une haleine parfumée au thé, un accent de Kyoto qui se glisse malgré vous. On pourrait croire que vous sortez tout droit d’un champ de thé à Uji.
Évidemment, cette idée de devenir « délicat » ou « performatif » est juste une blague un peu poussée. Le vrai effet du matcha est beaucoup plus simple : il invite à la douceur.
Son amertume légère vous recentre, sa mousse soyeuse vous ralentit, et tout dans ce rituel vous rappelle de respirer. Avec le temps, cette tranquillité peut être prise pour quelque chose de « féminin ». En réalité, c’est juste cette façon japonaise de transformer les petits gestes du quotidien en petite philosophie personnelle.
Et un jour, on réalise que le matcha n’est pas seulement une boisson.

C’est un signal discret, une manière de rester posé, patient, un peu plus raffiné. Que vous soyez dans un train bondé à Osaka ou en train de flâner dans une ruelle tokyoïte. On dit en riant qu’à force d’en boire, on finit par changer, mais la vérité, c’est qu’on partage tous la même douceur : une sorte de petit bouclier vert contre la fatigue du monde.
Alors… combien de tasses faut-il pour « attendrir » quelqu’un ?
Franchement : aucune.
Le simple fait d’avoir le matcha dans son quotidien, dans les cafés, sur les réseaux sociaux ou dans les petits rituels de la maison, suffit déjà à adoucir l’humeur. Un fouet, une tasse, un moment de calme… et tout devient un peu plus doux.
En fin de compte, le matcha ne change pas qui vous êtes.
Il ajoute juste une petite couche de douceur, celle qui fait respirer plus lentement, parler plus doucement et avancer avec un peu plus de calme.



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